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Art assimilé d’Otto Didakt

Manifeste n°18 de « 52 Manifestes pour un art rebelle 100% DIY » de Seitoung

La méthode Assimil d’Otto Didakt consiste à établir des objectifs esthétiques qu’après avoir acquis un certain bagage de connaissances ou d’habiletés. L’apprentissage se fait sur le tas et la conceptualisation a posteriori. Le projet artistique tend à évoluer vers des sous-projets connexes. Les difficultés sont décrites en termes de défis et non d’obstacles. L’art n’identifie aucune limite à son désir de reconnaissance. Certaines activités formelles (cours, ateliers, séminaires, performances) font partie du projet artistique ; toutefois la frange feyerabendienne du mouvement refuse le recours à l’apprentissage dirigé. L’art ottodidaxique suit un processus stochastique d’apprentissage par la création tolérant ainsi un grand degré d’incertitude sur le résultat final. Il autorise en premier lieu l’apprentissage en direct par exécution naturelle sans consignes ou contraintes.

Seitoung s’est essayé à la méthode de l’art Assimil en 24 heures lors du festival L’Armor à sons, Bobital, le 30 juin 2017 pour le compte du fanzine Daedalus :

  • Olivia Ruiz, première œuvre exécutée en 5 minutes (H0) ;
  • Soprano, seconde œuvre en 10 minutes (H+2) ;
  • Ofenbach, septième œuvre en 5 minutes (H+9) ;
  • Kasabian quinzième œuvre en 10 minutes (H+24).

Olivia Ruiz, H0, exécution du dessin en 5 minutes

Lorenzo / Soprano, H+2, exécution en 10 minutes.

Ofenbach, H+9, exécution du dessin en 5 minutes

Kasabian, H+24, exécution en 10 minutes

Monumentag - Cathédrale de Papeete. Seitoung, 2017

Nouvelle Réalité

Manifeste n°17 de « 52 Manifestes pour un art rebelle 100% DIY » de Seitoung

Dans la filiation du Nouveau Réalisme et des habillages monumentaux de Christo et Jeanne-Claude, la Nouvelle Réalité propose un habillage virtuel des monuments que l’on peut associer au recyclage poétique du réel urbain que défendait Pierre Restany, théoricien du Nouveau Réalisme. Œuvrant dans la sphère de la réalité virtuelle, le mouvement Nouvelle Réalité s’appuie sur des applications participatives (StreetView, Google Maps) pour faire exister ses productions et sur les nouveaux outils sociaux (Youtube, Instagram, Twitter, etc.) pour orchestrer leur médiatisation et faire croire à leur réalité. S’appuyant sur le teasing, les hashtags, les timelapse et la citation autoréférencée – arme favorite des fabricants de fake news –, les artistes de la Nouvelle Réalité instrumentalisent avec minutie la mise en scène de leurs œuvres qui se dévoilent au dernier moment au son d’un orchestre médiatique puissant. La Nouvelle Réalité interroge la place de l’art virtuel : fake art ou extension connectée de l’art contemporain ? Il déplace aussi la notion de lieux sacrés de diffusion de l’art contemporain en invitant tout un chacun à tomber par hasard sur une œuvre, sans en avoir conscience. Le happening y fait figure de coup de cymbale.

Projets Nouvelle Réalité en cours :
STREET reVIEW (Antony Squizzato),
ABSTRACTIONS SATELLITALES (Antony Squizzato)

TOY-MUSEUM (Seitoung, « Graffitiporn sur Cy Towbly », Centre Pompidou, 2017 )

MONUMENTAG (Seitoung, Cathédrale de Papeete, 2017)
Seitoung, «Eradication de l’art boucher », 2017, collages, 80 x 60 cm.

Art vegan

Manifeste n°13 de « 52 Manifestes pour un Art rebelle 100% DIY » par Seitoung

L’art vegan est une forme d’art née par opposition à l’art boucher. L’art vegan doit s’affranchir de tout asservissement du monde animal. L’art vegan proscrit : l’usage de pinceaux à poils d’origine animale ; le marouflage à la colle de peau de lapin ; la sculpture sur os ; le tatouage sur peaux de bêtes.

Précepte : « L’art est un légume comme les autres« . Fut soupçonné de connivences avec Monsanto.
Son mot d’ordre présent systématiquement sur les œuvres produite est GO VEGArt !, ce qui le rapproche factuellement du sloganisme.

Mary Wood, «Henry James ressentant le fil du Chan Ma Tao », National Portrait Gallery of London. 1914.

Art brutal

Manifeste n°4 de « 52 Manifestes pour un Art rebelle 100% DIY » par Seitoung

La théorie de l’art brutal est basée sur la philosophie chinoise. Son mode d’action privilégié est le kung-fu exercé sur des œuvres exposées. On distinguera plusieurs types de frappes de mains : le poing simple (associé au Feu); l’« œil du phœnix » (wa lin quan), poing fermé, frappe avec la deuxième phalange de l’index en avant soutenue par le pouce ; la « patte de léopard » (shang zao), paume ouverte, pouce fermé et les deux premières phalanges de la main fermées ; la griffe du Tigre (hu zao), paumes en avant, doigts crispés pour saisir et griffer; la paume (tui zhang – associé à la Terre); le tranchant (xie tui zhang – associé au métal); la pique (associé à l’Eau) ; le poignet (liao yin shao) avec la main repliée (boxe de l’homme ivre). Il est une des formes d’expression de l’art vandale.

Mary Wood, « Henry James ressentant le fil du Chan Ma Tao », National Portrait Gallery of London. 1914.

 

Mary Richardson, « La toilette de Vénus à la feuille de boucher », National Gallery of London, 1914

Détournement de la peinture de Pieter Coeck Van Aelst, l’une des plus célèbres de la peinture flamande du XVIe siècle en mode post-art brut singulier

Plunderart

Manifeste n°3 des « 52 manifestes pour un art rebelle 100% DIY » par Seitoung (2017)

Le plunderart est un mouvement artistique reposant sur le détournement permanent et multiforme des codes et traditions populaires. Transposition plastique de la théorie musicale de John Oswald (plunderphonics), le plunderart chante l’amour du danger, exalte le mouvement agressif, l’insomnie fiévreuse, le pas de gymnastique, le saut périlleux, la gifle et le coup de poing… Le plunderart déclame la femme qui tient le volant… Il admire sans sourciller la mort au tournant… Il veut glorifier la guerre des petits chefs, – seule hygiène du monde… Le plunderart veut barbouiller les musées, déranger les bibliothèques, combattre l’immoralité de l’art bourgeois. Le plunderart est lâche, opportuniste et utilitariste. Avec le plunderart, les musées seront à ciel ouvert, les œuvres conçues et gravées dans les rues. Le plunderart est pluriel mais ne reconnait qu’une seule signature, celle du leader suprême. Le plunderart est vindicatif, il ne s’exprime que par déclamation péremptoire de slogans abscons. Le plunderart est le joyau central de l’Internationale Seitoungiste.

Variations connues :
Plunderart sloganiste : détournement de préceptes préexistants ré-exprimés en version slogan (voir sloganisme). Exemples : « Abolition du travail alité ! » (Seitoung, 2017), « Réalisation de la pilosité ! » (71monkey, 2017)

Seitoung, « La Cène pop », 2017. 31*31 cm. Posca sur papier. Détournement de la peinture de Pieter Coeck Van Aelst, l’une des plus célèbres de la peinture flamande du XVIe siècle en mode post-art brut singulier

71monkey « Réalisation de la pilosité », poster. Détournement d’un slogan situationniste (Guy Debord).

 

Filiations impérialistes : Internationale situationniste, futurisme, Dada.

Der Blitzkunst

Der blitzkunst

Manifeste pour un art instantané – Der blitzkunst

Manifeste n°1 de « 52 Manifestes pour un Art rebelle 100% DIY » par Seitoung

L’art instantané (Blitzkunst) démarre en même temps qu’une idée germe. Il est réalisé avant même de connaître tous les tenants et aboutissants de cette idée primale. L’art instantané se contente du germe. Il est un geste brusque usant des médiums présents sur le moment. L’art instantané tient du polaroïd. L’art instantané écarte la réflexion et la correction. L’art instantané n’est pas technique, il est énergie pure. L’art instantané est explosif. L’art instantané est comme du café soluble : le résultat est immédiat, le goût infect, mais on n’y revient toujours. L’art instantané capture l’idée du moment et fige l’expérience du temps présent. L’art instantané se projette dans un futur immédiat. L’art instantané est éphémère, il procure un moment de jouissance bref, puis devient triste. L’art instantané est le génie de la lampe qui sort avant la formule magique. L’art instantané est une éjaculation précoce. Pratiqué dans l’espace public, l’art instantané est illégal.

Plusieurs techniques permettent de produire des œuvres instantanées dont les explosifs (Vhils, Cai Guo-Qiang) qui constituent le medium le plus radical. L’outil ultime de production reste toutefois l’accélérateur à particules qui permet de produire des œuvres supraconductives d’obédience futuriste. Les limites de l’art instantané reposent essentiellement dans l’éventualité d’un work in progress permanent, l’artiste n’arrivant plus à sédentariser son œuvre ailleurs que dans une fuite en avant perpétuelle.

Variations et dérivés : Art prompt, art ferroviaire, art explosif.