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Kaorung #07

Kaorung

Projet en cours avec Kaoru Hironaka, artiste et professeur à la Kobe Design University, Japon.
Dialogue analogique / numérique, improvisé à quatre mains en septembre 2017 à la terrasse d’un café, place de la Sorbonne à Paris. Depuis, chaque artiste ajoute une couche, l’un après l’autre, alternant interventions numériques ou analogiques. Les mots d’ordre sont : spontanéité, instantanéité, expression libre.
La restitution se fera sous la forme d’une exposition simultanée en France et au Japon à la fin 2018.

Kaorung 1

Kaorung #01, étape 1 (marqueur noir)

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Kaorung #01, étape 3 (deux couches numériques)

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Kaorung #05, étape 1 (marqueur et feutres)

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Kaorung #05, étape 3 ( deux couches numériques ajoutées)

Kaorung #12

TOY anonyme sur flop d'Ivory One

Toyisme

Manifeste n°7 de « 52 Manifestes pour un Art rebelle 100% DIY » par Seitoung

« Le toy, c’est laid… et c’est ça qui est beau ! »
James Tonfoutre, 2008

Le toying est une des versions urbaines de l’art vandale. Pratique la plus rudimentaire du street-art, le toying consiste à recouvrir une fresque ou un tag du mot TOY, action gratuite souillant l’œuvre originelle et considérée comme un manque de respect. Le toying est souvent l’apanage des graffeurs débutants. Un toy peut lui-même être toyé par le sigle TOYS qui signifierait « Tag Over Your Shit » / « Je taggue par-dessus ta merde », action de mise en abyme du toying poussant le toyeur à réfléchir sur la finalité de ses actes. La raison d’être du toyisme réside dans la spontanéité et l’innocence de l’acte, elle est fondamentalement liée à une mauvaise assimilation d’un savoir-faire, et se perd donc naturellement avec la pratique. Une évolution du toyisme tend à remplacer le sigle TOY par d’autres œuvres (flopisme) ou par la signature logotypée du taggueur. Cli est un toyeur qui a buzzé à la fin des années 2000 pour son style dépouillé, sa production prolifique et son placement particulier, souvent dans les interstices, rarement en recouvrement. Son statut de toyeur a fait débat. Matthieu Martin mène une réflexion conceptuelle sur le post-graffiti. Parmi ses travaux, « Sprayed (2011-2014) » consistait en le toying de magazines de graffitis par des aplats en nuances de gris et « Cover-up (2011-2014) » est une série de recouvrements de graffiti en aplats monochromes.

TOY anonyme sur flop d’Ivory One, Quelmer, août 2017.

Toying sur un paste-up de Konny, Paris, boulevard Sébastopol, avril 2017.

Matthieu Martin, « Sprayed (2011-2014) », peinture sur magazine.

Cli, Paris, vers 2012

Cli, Paris, vers 2012

Monumentag - Cathédrale de Papeete. Seitoung, 2017

Nouvelle Réalité

Manifeste n°17 de « 52 Manifestes pour un art rebelle 100% DIY » de Seitoung

Dans la filiation du Nouveau Réalisme et des habillages monumentaux de Christo et Jeanne-Claude, la Nouvelle Réalité propose un habillage virtuel des monuments que l’on peut associer au recyclage poétique du réel urbain que défendait Pierre Restany, théoricien du Nouveau Réalisme. Œuvrant dans la sphère de la réalité virtuelle, le mouvement Nouvelle Réalité s’appuie sur des applications participatives (StreetView, Google Maps) pour faire exister ses productions et sur les nouveaux outils sociaux (Youtube, Instagram, Twitter, etc.) pour orchestrer leur médiatisation et faire croire à leur réalité. S’appuyant sur le teasing, les hashtags, les timelapse et la citation autoréférencée – arme favorite des fabricants de fake news –, les artistes de la Nouvelle Réalité instrumentalisent avec minutie la mise en scène de leurs œuvres qui se dévoilent au dernier moment au son d’un orchestre médiatique puissant. La Nouvelle Réalité interroge la place de l’art virtuel : fake art ou extension connectée de l’art contemporain ? Il déplace aussi la notion de lieux sacrés de diffusion de l’art contemporain en invitant tout un chacun à tomber par hasard sur une œuvre, sans en avoir conscience. Le happening y fait figure de coup de cymbale.

Projets Nouvelle Réalité en cours :
STREET reVIEW (Antony Squizzato),
ABSTRACTIONS SATELLITALES (Antony Squizzato)

TOY-MUSEUM (Seitoung, « Graffitiporn sur Cy Towbly », Centre Pompidou, 2017 )

MONUMENTAG (Seitoung, Cathédrale de Papeete, 2017)
IMC MAYDAY

IMC

International Morse Conspiracy

IMC est un projet conçu et réalisé par Seitoung et Antony Squizzato. Il consiste en des interventions picturales en extérieur dans des environnements portuaires ou aéroportuaires. L’installation repose sur l’inscription de messages en code morse international.

La première installation, IMC MAYDAY WS01, s’est attardée sur une épave de bateau en bois aux abords du chantier naval de la Passagère à Saint-Malo. Le mot MAYDAY a été inscrit en morse sur l’ensemble de la charpente intérieur du navire évoquant des passagers relégués en fond de cale et envoyant un message de détresse codé au monde. La profusion des messages rend la lecture difficile et l’appel de détresse devient inaudible. Métaphoriquement, on peut penser à la situation des migrants africains dérivant sur des bateaux-épaves en Méditerranée et dont les appels de détresse sont de moins en moins entendus.

La deuxième intervention, IMC LIEBE M02, a été réalisée en avril 2018 dans l’enceinte du port de Linz, le long du Danube, en Autriche. La fresque a été programmée par Mural Harbor, galerie d’art gérant le Graffiti Tour de la ville. Elle côtoie des interventions de Lushsux, 1UP Crew, Nychos the Weird, Sobekcis, Sskirl.
IMC LIEBE M02 est une fresque minimaliste et épurée évoquant la distorsion des messages liée à l’accélération du monde. Elle se décline autour de l’effet Doppler, mis en évidence par Christian Doppler, originaire de Linz. D’autres personnalités importantes de l’histoire de la ville sont également évoquées dans cette fresque : l’astronome Johannes Kepler et l’artiste Herbert Bayer, figure emblématique du Bauhaus. La fresque utilise toujours le code morse qui est un code parmi d’autres, un code dans le code. Elle est une mise en abyme du code rappelant, métaphoriquement, la difficulté à communiquer simplement dans un monde ultra-connecté.

Sismotrain 2

Sismo-art

Le sismo-art est une forme d’art qui s’intéresse à l’agitation de corps humains placés dans un véhicule en mouvement : train, bus, voiture, métro, funiculaire, avion, vélo, etc. Le sismotion est sa principale forme plastique.

Il se décompose en différentes modalités : le sismotrain qui rassemble des enregistrements sismographiques des mouvements des corps sur des voies ferrées (train, métro, funiculaire) et qui représente la forme la plus brute de l’art ferroviaire ; le sismobus (bus, autocar) et le sismoplane (avion). Art cinétique par excellence, le sismo-art cherche à capturer l’ébranlement incontrôlé des vecteurs corporels. Toutefois, les sismotions ne sont pas des représentations objectives et fidèles des vibrations corporelles issues des topographies terrestres : ce sont des enregistrements filtrés et déformés par les deux vecteurs traversés par les vibrations que sont le véhicule et le corps de l’artiste. Entre TGV et TER, par exemple, les vibrations ne sont pas les mêmes et le paysage cinétique couché sur la feuille de papier diffère pour un même espace. L’artiste lui-même filtre le mouvement : le bras suspendu dans le vide, la tension qui fixe le bras comme le pendule du sismographe rend l’exercice douloureux avec le temps qui passe et des tremblements, issus de l’acide lactique qui s’accumulent dans les muscles du bras, viennent s’ajouter aux oscillations ferroviaires. Les sismotions sont des représentations qui interrogent sur l’inscription cinétique dans les corps des paysages traversés à bord d’un véhicule en mouvement.