);
Seitoung - So Bebel (2016), oeuvre digitale

So Rebel

« So Rebel »,  graphzine collectif

Réalisation de deux visuels pour ce projet collectif présenté au FRAC PACA dans le cadre du premier festival Rebel Rebel. Le graphzine So Rebel est constitué de 10 pages de format A3 imprimées en risographie sur papier 150 gr. Rebelle, ce fanzine est non paginé et les feuilles ne sont pas reliées. Doublement rebelle, vous pouvez acquérir une seule page du fanzine si vous le souhaitez.

  • Artistes: Anto Squizzato, JB Hanak, Kolos Ituo, Pulcomayo, Risbo, Seitoung…
  • Format: A3, risographie 1 à 4 couleurs, papier Munken White 150 gr.
  • Collections: FRAC PACA (Marseille), Herbarium Riso (Berlin)
  • Copies: 100 ex. (dont 20 hors-commerce)
  • Année: 2016
  • Editeurs: Strandflat et Magnésie.
  • Commander ici

Seitoung – So Rebeu (2016), oeuvre digitale

Seitoung "Now Print a zine", dessin au feutre sur papier. 17*22 cm. Contribution à Copy Machine - Zone de Reproduction Temporaire, Rouen, ESADHaR, 2017.

Now Print A Zine

Seitoung « Now Print a zine », dessin au feutre sur papier. 17*22 cm. Contribution pour l’événement collectif Copy Machine – Zone de Reprographie Temporaire, Rouen, ESADHaR, 2017.

Ce dessin est l’une des cinq contributions exécutées à la demande de Laura Morsch-Kihn et Antoine Lefebvre, curateurs de l’événement « Copy Machine – Zone de reprographie temporaire« . Il fait référence à la philosophie DIY du punk et est un détournement du célèbre dessin paru en décembre 1976 dans le zine londonien Sideburns.
Catalogue complet de l’événement : ici.

Copy Machine – Zone de reprographie Temporaire a également été présenté au 8e FILAF de Perpignan dans la catégorie Independent Pages (juin 2018).

IMG_20170420_100410-01

Zinewall

Les zinewalls ou murs de fanzines sont des installations conçues par Seitoung qui utilisent le fanzine DIY comme matériau plastique de base. Ces zinewalls sont de surface variable, de 6 à 666 m², thématiques (punk DIY, graphzines, artzines) ou non, en noir et blanc ou en couleurs, en aplat (2 dimensions) ou en volume (3 dimensions intégrant des objets fanzines à lire dans le mur).

Par sa nature frondeuse – il ne se limite pas aux murs, mais déborde volontiers sur le sol ou le plafond -, le zinewall invite à la réflexion sur le recyclage permanent des slogans, des clichés, des codes esthétiques qui voguent de récupération en récupération. Art du détournement par essence, le zinewall questionne le légitimité de la ré-appropriation de visuels façonnés souvent anonymement, voués à l’éphémère au moment de leur réalisation, mais que le temps se charge de remettre au goût du jour, sacralisant ce qui avait été créé en urgence et sans volonté d’éternité.

Le zinewallisme est le 20e manifeste de l’Art Rebelle 100% DIY.

Installations réalisées : FRAC PACA Marseille (2016, 15 m²), La Grande Passerelle Saint-Malo (2017, 12 m²), Quai des Mondes Mondeville (2017, 18 m²), Printemps de Bourges (2017, 20 m²), Festival L’Armor à sons, Bobital (2017, 30 m²), Le 106, Rouen (2017, 14 m²), L’Echonova, Saint-Avé (2018, 15 m²), La Villa Gregam, Grand-Champ (2018, 20 m²).

Sismotrain 2

Sismo-art

Le sismo-art est une forme d’art qui s’intéresse à l’agitation de corps humains placés dans un véhicule en mouvement : train, bus, voiture, métro, funiculaire, avion, vélo, etc. Le sismotion est sa principale forme plastique.

Il se décompose en différentes modalités : le sismotrain qui rassemble des enregistrements sismographiques des mouvements des corps sur des voies ferrées (train, métro, funiculaire) et qui représente la forme la plus brute de l’art ferroviaire ; le sismobus (bus, autocar) et le sismoplane (avion). Art cinétique par excellence, le sismo-art cherche à capturer l’ébranlement incontrôlé des vecteurs corporels. Toutefois, les sismotions ne sont pas des représentations objectives et fidèles des vibrations corporelles issues des topographies terrestres : ce sont des enregistrements filtrés et déformés par les deux vecteurs traversés par les vibrations que sont le véhicule et le corps de l’artiste. Entre TGV et TER, par exemple, les vibrations ne sont pas les mêmes et le paysage cinétique couché sur la feuille de papier diffère pour un même espace. L’artiste lui-même filtre le mouvement : le bras suspendu dans le vide, la tension qui fixe le bras comme le pendule du sismographe rend l’exercice douloureux avec le temps qui passe et des tremblements, issus de l’acide lactique qui s’accumulent dans les muscles du bras, viennent s’ajouter aux oscillations ferroviaires. Les sismotions sont des représentations qui interrogent sur l’inscription cinétique dans les corps des paysages traversés à bord d’un véhicule en mouvement.

Payscament

Payscaments

Manifeste n°2 de « 52 Manifestes pour un Art rebelle 100% DIY » par Seitoung

« Peur de l’avion, peur de voyager, peur de l’inconnu ? Ne vous privez plus des bienfaits des paysages exotiques ! Les payscaments du Docteur Seitoung sont la solution à tous vos maux ! Ingérez des paysages sans quitter votre fauteuil ! Dépassez la froideur des voyages numériques : mangez les paysages lointains ! Infusez-les ! Le Docteur Seitoung ne travaille jamais sans résultat. Garanti 100%. Grand voyageur, médium tellurique, marabout celte, voyant aux dons extraordinaires. Résultat dans les 3 jours. Résout tous les problèmes liés aux voyages. Rend heureux : sourire garanti dans la semaine suivant la prise. Vous souriez, là ? Voyez donc le pouvoir de mes mots. Imaginez celui de mes onctions et autres payscaments. Avec les payscaments du Docteur Seitoung, luttez efficacement contre le mal du paysage ! »
Seitoung, 2017

Les PAYSCAMENTS sont des représentations paysagères conceptuelles renouvelant la perception et l’appropriation des paysages du quotidien. Inventée par Seitoung, la démarche payscamenteuse est une psychogéographie du paysage : de nature participative, elle invite chacun à prélever ce qui est important pour soi dans le paysage vécu au quotidien. Il conviendra d’établir si le paysage-souvenir encapsulé est archétypal ou non, si la manipulation de la gélule payscamenteuse procure les mêmes plaisirs subjectifs que la contemplation de la photographie-souvenir. La démarche payscamenteuse est une poésie qui s’avale et qui rappelle que dans le monde du 21e siècle, le paysage est un produit de surconsommation courante comme un autre…

Art conceptuel et minimaliste, le payscament s’exprime sous diverses formes : toiles blanches ornées de gélules, artzines photographiques et divers produits de consommation courante (sachets à infuser, sachets de graines, etc.). Quoi de mieux en effet que des supports banals, objets du quotidien pour symboliser le paysage de tous les jours ? Ses œuvres seront bientôt remboursées par la Sécurité sociale.

Futuristes, les payscaments participent du nivellement et de la destruction du paysage traditionnel, inventé par les artistes du passé. Ces payscaments, encapsulés, témoignent de la place que nous réservons aux Sociétés qui tentent de préserver le paysage. Encapsuler le paysage, c’est se l’approprier.

« Il se forme, en la plupart des gens qui regardent un paysage, une capsule. Cette capsule est le médium entre le paysage et le contemplateur. »
Henri Michaux, Au pays de la magie, 1941.

Dé-pensant le holisme aristotélicien, les payscaments questionnent l’irréductibilité des paysages : à quoi tient le paysage ? Au point de vue panoramique ? A l’agencement des ingrédients paysagers ? A un détail ? Aux odeurs ? Aux couleurs ? A la température ambiante ? Ces sensations paysagères peuvent-elles être capturées et encapsulées ? Le caractère essentiel du paysage n’est pas dans le regard porté sur le pays, mais dans l’assemblage d’éléments disjoints et informes que le regard, c’est-à-dire en fait l’esprit, réunit dans un ensemble signifiant à partir de présupposés culturels et linguistiques (Françoise Chenet-Maugeras). Le payscament est une forme de décomposition-recomposition du paysage qui peut être assimilée à une appropriation, symbolique tout d’abord, d’un espace institué en paysage. Mais, contrairement à l’appropriation de la bourgeoisie esthétisante de la charnière XVIII-XIXe siècles qui sacralise certains sites et paysages, conduisant à une protection d’un soi-disant « beau » paysage, propret et ordonné, hygiénique et salubre, et à la dissolution progressive de l’archéopaysage dans la matrice idéale-typique des nantis, le payscament est à la portée de tous – refusant le diktat euclidien d’arrangement géométrique du paysage, saluant au contraire la destruction insidieuse du paysage par usure du temps et action de la râpe, de la lime, du marteau, de l’affûteuse, de l’aiguisoir, du carreau, du carrelet, de la carrelette, de la demi-ronde, de l’écoine, de la fraise, de la limette, de la queue-de-rat, du riflard, du rifloir, du taille-crayon, du tiers-point, de la muleta, des banderilles, de l’encorneur de paysage.

Poussière tu étais, poussière tu redeviens. Libre poussière, achève ta destinée dans une capsule bovine.

 

2016F3501 (Cancale, 2016), 100 x 100 cm.

2016F3501 – Vaporisateur

Payscament 2016F3501
L’œuvre est une représentation abstraite du paysage des parcs conchylicoles basée sur le concept de contraction paysagère que je développe dans mes recherches artistiques. La toile est couverte d’un ensemble de 364 gélules en gélatine dure (semblables aux capsules médicamenteuses) réparties selon une grille de 20*20, soit une gélule tous les 5 cm. Chaque gélule, transparente, est remplie d’un échantillon du paysage présent réellement dans l’espace délimité par l’image. Les échantillons, de vase, de coquillage, de moule, d’huitres, de bouchots ou de matières plastiques ont été préalablement séché et réduit en poudre à l’aide d’un mortier. Les gélules sont collées sur la toile. L’absence de gélule évoque la dimension invisible des paysages, celle que l’œil ne perçoit pas, tout comme celle que le scientifique ne saisit pas. L’œuvre est volontairement minimaliste et basée sur la transparence (des gélules). Cela fait écho au littoral, espace nu, lieu minimaliste, imberbe et lisse où la transparence des eaux change en permanence. Le vide – représenté ici par le blanc de soutien de la toile – invite à la réflexion sur les liens qu’entretiennent les différents éléments constitutifs du paysage, que les gélules discrétisent. Le paysage est littéralement encapsulé et réduit à ses éléments constitutifs, mais la dégradation des gélules au fur et à mesure de la dispersion de l’eau de mer permet la libération des poudres élémentaires qui pourront alors se mélanger de nouveau comme dans la réalité du paysage littoral de Cancale. Durant l’exposition Conchyli-Culture 2016, il est proposé aux visiteurs d’arroser avec un vaporisateur la toile. Mais seulement deux fois par jour au moment de la marée haute. Ce geste simule la montée semi-diurne des eaux. Conséquence de cette aspersion, les gélules se dégraderont et leur contenu se répandra sur la toile. L’œuvre évoluera donc avec le temps de l’exposition ; les poussières qui se répandront sur la toile induiront une recomposition incessante de la toile, à l’instar du paysage naturel de la Baie de Cancale. Le public est directement impliqué dans la réalisation de l’œuvre puisque l’intervention des spectateurs-acteurs participe à l’altération de l’œuvre. L’altération et le bruit sont au cœur de ma démarche artistique qui refuse un art contraint et figé et, à l’instar du mouvement Fluxus, prône un art participatif d’obédience do-it-yourself. Ne regardez pas seulement le paysage, soyez le paysage !

Composition de la toile : Tangue : 59% Huîtres plates : 13.5% Coques : 6% Crépidules : 6% Palourdes : 4% Pieux en chêne : 2% Déchets plastiques : 0,5% Invisible : 9%