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Melayne Seitoung

Plunderart and DIY fanzines

Payscaments

Payscament 2016F3501
L'œuvre est une représentation abstraite du paysage des parcs conchylicoles basée sur le concept de contraction paysagère que je développe dans mes recherches artistiques. La toile est couverte d'un ensemble de 364 gélules en gélatine dure (semblables aux capsules médicamenteuses) réparties selon une grille de 20*20, soit une gélule tous les 5 cm. Chaque gélule, transparente, est remplie d'un échantillon du paysage présent réellement dans l'espace délimité par l'image. Les échantillons, de vase, de coquillage, de moule, d'huitres, de bouchots ou de matières plastiques ont été préalablement séché et réduit en poudre à l'aide d'un mortier. Les gélules sont collées sur la toile. L'absence de gélule évoque la dimension invisible des paysages, celle que l'œil ne perçoit pas, tout comme celle que le scientifique ne saisit pas. L'œuvre est volontairement minimaliste et basée sur la transparence (des gélules). Cela fait écho au littoral, espace nu, lieu minimaliste, imberbe et lisse où la transparence des eaux change en permanence. Le vide – représenté ici par le blanc de soutien de la toile – invite à la réflexion sur les liens qu'entretiennent les différents éléments constitutifs du paysage, que les gélules discrétisent. Le paysage est littéralement encapsulé et réduit à ses éléments constitutifs, mais la dégradation des gélules au fur et à mesure de la dispersion de l'eau de mer permet la libération des poudres élémentaires qui pourront alors se mélanger de nouveau comme dans la réalité du paysage littoral de Cancale. Durant l'exposition Conchyli-Culture 2016, il est proposé aux visiteurs d'arroser avec un vaporisateur la toile. Mais seulement deux fois par jour au moment de la marée haute. Ce geste simule la montée semi-diurne des eaux. Conséquence de cette aspersion, les gélules se dégraderont et leur contenu se répandra sur la toile. L'œuvre évoluera donc avec le temps de l'exposition ; les poussières qui se répandront sur la toile induiront une recomposition incessante de la toile, à l'instar du paysage naturel de la Baie de Cancale. Le public est directement impliqué dans la réalisation de l'œuvre puisque l'intervention des spectateurs-acteurs participe à l'altération de l'œuvre. L'altération et le bruit sont au cœur de ma démarche artistique qui refuse un art contraint et figé et, à l'instar du mouvement Fluxus, prône un art participatif d'obédience do-it-yourself. Ne regardez pas seulement le paysage, soyez le paysage !


Composition de la toile : Tangue : 59% Huîtres plates : 13.5% Coques : 6% Crépidules : 6% Palourdes : 4% Pieux en chêne : 2% Déchets plastiques : 0,5% Invisible : 9%

  • Visuels: Melayne Seitoung
  • Formats: 100x100 cm
  • Techniques: poudre, gélules en gélatine dure taille 0, colle acrylique
  • Année: 2016
  • Exposition:"Conchyli-Culture" (Maison de la Baie, Le Vivier-sur-Mer (35), 1er juillet-31 août 2016
  • Project 01a

    Vue aérienne de Cancale (contrainte imposée)


Project 01a
Payscament 2016F3501
Project 01a
Payscament 2016F3501, détails des gélules
Project 01a
Payscament 2016F3501, vaporisateur permettant la libération des particules et la recomposition du paysage littoral
Project 01a
Pulvérisation au mortier et encapsulation
Project 01b
Matériaux bruts (vase, pieux de chêne, coquillages, déchets plastiques, éponge naturelle)